Chloé Robichaud : « J’ai envie que mon cinéma soit vu »
La réalisatrice Chloé Robichaud présente, ces jours-ci, son quatrième long métrage. Deux femmes en or, scénarisé par Catherine Léger, est une adaptation de la pièce de théâtre éponyme, qui, elle, est inspirée du film de Claude Fournier paru en 1970.
Je vois, on dirait, tout le fruit de mon travail des 15 dernières années. Ça fait à peu près 15 ans que je travaille professionnellement dans le milieu. Je me sens vraiment dans mes baskets
, lance la réalisatrice qui a toujours rêvé de faire carrière dans le milieu cinématographique.
Les débuts à Québec
J'étais vraiment fascinée par le cinéma très, très jeune
, explique-t-elle. Celle qui a grandi à Cap-Rouge, entourée d'une grosse collection de films qui traînait à la maison, dit avoir compris dès son jeune âge que c’était le métier de réalisatrice qu’elle voulait faire. C'était la création de cette histoire, la mettre en images. Je n’ai jamais été très appelée par la technique. Probablement juste parce que je ne suis pas une fille super manuelle.
J'ai un esprit très analytique. Donc on dirait que la réalisation, ça faisait beaucoup de sens avec ma personnalité

La réalisatrice Chloé Robichaud sur le tournage du film "Pays" à Terre-Neuve.
Photo : Radio-Canada
Ses parents, qui ont une agence de publicité, l’ont amené à quelques reprises sur des plateaux de tournage. Mais c’est au Cégep Garneau, en profil cinéma, que les choses se sont confirmées. J'étais tellement heureuse. J’étais vraiment un poisson dans l'eau
, explique-t-elle.
Et puis, j'ai rencontré aussi quelqu'un qui allait être vraiment important dans mon parcours, qui est Jessica Lee Gagné, qui maintenant est une directrice photo qui a fait entre autres la série Severance aux États-Unis. C'était le fun de trouver une autre fille comme moi qui trippait cinéma, qui avait les mêmes ambitions que moi.
Ensemble, elles ont poursuivi leurs études à Concordia. C’est en sortant de l’université qu’elle réalise, avec Jessica Lee Gagné à la direction photo, le court métrage Chef de meute, qui va l’amener au Festival de Cannes en 2012, et lancer sa carrière. De là, beaucoup de choses ont déboulé pour moi
, mentionne-t-elle.
Son premier long métrage, Sarah préfère la course, sera en production dès l’année suivante.

Une scène du film « Sarah préfère la course », le premier long métrage de Chloé Robichaud
Photo : Les films Séville
J'ai été chanceuse dans un sens parce que cette belle carrière-là, Chef de meute, m'a rapidement ouvert des portes pour la suite
. À seulement 24 ans, un nouveau chapitre venait de s'amorcer.
Le désir d’être vu
Chloé Robichaud le dit d’emblée, elle veut que ses films soient vus. Je sais que c'est une phrase un peu facile à dire, mais c'est vrai. J'ai envie que mon cinéma soit vu. Je n'ai pas envie de faire du cinéma pour faire 2000 entrées et c'est tout.
À un moment donné, se parler entre nous, c'est bien beau, mais j'ai envie d'élargir. Donc, je pense mon cinéma dans un but de générosité, tout en essayant d'être l'artiste que j'ai envie d'être.
Elle souhaite que l’engouement autour de Deux femmes en or, qui a remporté le Prix spécial du Jury au Festival du Film de Sundance, porte ses fruits. Elle a le sentiment d'avoir apprivoisé l'art de raconter et d'avoir gagné en connaissance de soi. J'ai l'impression que je sais plus qui je suis, puis une authenticité, je me sens confortable, puis ça, je le vois quand je regarde Deux femmes en or, que je suis à ma place. Puis ça me fait du bien.

Au cinéma, Karine Gonthier-Hyndman et Laurence Lebœuf interprètent les deux personnages principaux du film « Deux femmes en or ».
Photo : Maison 4:3
J'ai envie de faire un cinéma qui est plus généreux. Tant mieux si les gens vont le voir en salle. Je l'ai vraiment fait pour les gens, c'est sincère.
Deux femmes or, qui met en vedette Karine Gonthier-Hyndman et Laurence Leboeuf, est promu à une belle carrière tant dans les festivals que sur les écrans à travers le monde. Le film a été acheté par des distributeurs en France, aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Italie, en Grèce. C'est vraiment chouette de voir que le film va avoir une carrière comme ça aussi, en dehors de nos frontières
, soutient la réalisatrice.
Le film sort en salle au Québec le 30 mai 2025.
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